Berlin : manif contre les exécutions des prisonniers politiques en Iran

25/05/2010 18:05

 

Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées cet après-midi (22 mai NdT), sur la place Adenauer à Berlin-Charlottenburg pour protester contre les exécutions des prisonniers politiques en Iran. Le 9 mai quatre personnes ont été exécutées en République islamique d’Iran pour leur prétendue affiliation à l’organisation de gauche kurde PJAK. Simultanément cinq guérilleros du PJAK ont été tués par des agents du régime iranien avec du poison. Quelques jours avant, plusieurs réfugiés afghans étaient pendus à cause d’un prétendu commerce de drogue. Pour protester contre les assassinats d’Etat en Iran, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées samedi à 14h sur la place Adenauer à Berlin-Charlottenburg. Appelaient à la manif sous le slogan : "Arrêt des exécutions des prisonniers politiques en Iran !" : le comité de soutien aux prisonniers politiques en Iran de Berlin, le comité de solidarité avec le kurdistan de Berlin, l’union des kurdes et l’association des kurdes de Berlin-Brandebourg, l’union des réfugiés iraniens à Berlin et le groupe "Iranien-nes séculiers pour la liberté et la démocratie". L’appel à la solidarité internationale avec les prisonniers politiques en Iran a été suivi principalement par des gens d’origine iranienne ou kurde ; le nombre des allemands de gauche était malheureusement peu important. Ce qui était positif était la présence d’un important groupe de réfugiés afghans qui font le lien entre l’occupation impérialiste de l’Afghanistan et la situation misérable de plus de deux millions de réfugiés afghans en Iran, dont un grand nombre croupissent dans les prisons iraniennes et sont menacés de mort.

 

La manifestation s’est dirigée de la place Adenauer vers la place Breitscheidt en descendant le Ku’Damm. Sur les banderoles, on pouvait lire : ""Liberté pour les prisonniers politiques en Iran !", "Arrêt des exécutions !", "Liberté pour les kurdes " et "A bas la République islamique d’Iran !". Le parti syrien kurde de gauche PYD qui, comme le parti iranien PJAK, l’irakien PCDK et le turque PKK, se réfère au concept d’Abdullah Öcalan de "confédéralisme démocratique" comme modèle d’organisation d’une société kurde libérée, était représenté avec un grand nombre de drapeaux. Quelques drapeaux nationaux iraniens et kurdes ont pu aussi être aperçus lors de la manifestation. De plus le BDP, parti qui succède au parti parlementaire kurde DTP interdit en décembre 2009 et l’Action révolitionnaire antifasciste de Berlin (ARAB) étaient présents avec des drapeaux.

 

La manif a traversé le Ku’Damm avec des milliers de participants et les personnes qui flânaient ont été informées avec des tracts et le haut-parleur sur la cause de la manifestation. Des slogans ont été criés comme : "Liberté pour les prisonniers politiques en Iran !", "Stop, stop, stop : stop aux exécutions !" et "Vive la solidarité internationale !".

 

Des discours des différents goupes ont été lus. A côté des contributions des iraniens en exil et des groupes kurdes, le syndicat pour l’éducation et science (GEW) a condamné aussi les exécutions, puisque parmi les quatre personnes exécutées le 9 mai pour apartenance au PJAK (Parti pour une vie libre au kurdistan) il y avait un enseignant. L’action révolutionnaire anti-fasciste de Berlin (ARAB) a aussi prononcé un discours de bienvenue où elle invitait à une lutte universelle pour la liberté des prisonniers politiques et à ne pas renoncer aux pétitions envers les Etats et les gouvernements. De plus elle a appelé à empêcher une exécution prévue le 17 juin d’un autre prétendu membre du PJAK avec des protestations internationales.

 

De la place Breitscheidt, la manifestation est passée devant l’ancien restaurant "Mykonos" où en 1992, par un attentat à la bombe accompli par les services secrets iraniens, le chef du Parti démocratique du Kurdistan - Iran (DPK-I) a été tué. Une minute de silence a été observée à cet endroit pour les victimes de cet attentat. Ensuite un porte-parole du comité de solidarité du Kurdistan a tenu un discours dans lequel il a vivement critiqué la conduite de parties de la gauche allemande envers l’Iran et un schéma de pensée "ennemi d’ami". Le silence de parties importantes de la gauche envers la terreur d’Etat du régime iranien n’est pas acceptable. Qui défend la vie des prisonniers politiques en Iran, ne peut pas donner longtemps un avis favorable à une guerre impérialiste contre l’Iran. Il a revendiqué aussi (contrairement à d’autres groupes iraniens présents à la manif) qu’aucune sanction ne soit prise contre l’Iran, parce que celles-ci ne touchent que la population et jamais les gens au pouvoir. Comme exemple du caractère mensonger de la politique de l’ouest et aussi de l’Iran il a mentionné que ces derniers jours les forces armées de l’OTAN ont mené des opérations avec l’armée iranienne contre les rebelles kurdes. L’OTAN et les mollahs iraniens auraient des intérêts différents et se disputent des zones d’influence géopolitiques. Cependant les deux ont en commun leur haine des mouvements progressistes et de gauche. La gauche pourrait ne prendre partie pour aucune des deux parties dans cette lutte, mais pour le mouvement ouvrier en Iran et les mouvements progressistes comme le mouvement de libération kurde.

 

Ensuite la manifestation s’est dispersée lentement. Pendant toute la manifestation la police s’est tenue en arrière-plan. Au début, elle stressait comme d’habitude à cause des drapeaux kurdes, parce qu’à cause de la pratique d’interdiction arbitraire il lui est encore difficile de savoir quels drapeaux sont légaux ou non. Cette fois, elle s’est embrouillée avec le drapeau du Parti parlementaire kurde (BDP) légal en Turquie. Donc les flics ont renoncé à une confiscation pour ne pas faire de gaffe.

 

Traduit de l’allemand par Gachet, HNS-info

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