4000 Hmongs expulsés de Thaïlande vers le Laos

06/01/2010 15:57

 

Les 4 000 Hmongs restant dans le camp de Huai Nam Khao dans la province de Petchabun en Thaïlande sont en train d’être expulsés par les autorités thaïlandaises vers le Laos sans qu’aucune organisation tiers ne soit présente. MSF qui avait quitté le camp en mai 2009 suite à des pressions militaires, avait dénoncé cette politique de rapatriement forcé

L’expulsion des 4 000 hmongs, ayant fui le Laos pour trouver refuge dans le camp de Huai Nam Khao en Thaïlande, est la résultante d’un accord bipartite entre le gouvernement laotien et thaïlandais signé en mai 2007. Ces deux gouvernements avaient réaffirmé leur volonté de rapatrier tous les Hmongs au Laos avant la fin 2009. Le gouvernement thaïlandais refuse de reconnaître les Hmongs du camp de Huai Nam Khao comme réfugiés. Il les considère comme des immigrants illégaux dont le rapatriement ne constitue pas une violation de la législation internationale.

Seule organisation humanitaire internationale présente dans le camp depuis juillet 2005, MSF avait dénoncé à plusieurs reprises cet état de fait, demandant l’arrêt de ce processus de rapatriements forcés qui s’était d’ailleurs accéléré en décembre 2008, à raison de 200 expulsions chaque mois. Considérant ces populations comme vulnérables, MSF avait demandé au gouvernement thaïlandais d’engager un processus d’examen des cas individuels, sous le contrôle d’un organisme tiers indépendant et reconnu, tel que le Haut commissariat des Nations unies aux réfugiés (UNHCR). Cet organisme aurait pu en effet évaluer la légitimité de la crainte des populations hmongs à retourner au Laos, où elles se disent persécutées, et prendre en compte leur demande de statut de réfugié et de protection.

Selon le droit international, des individus craignant pour leur vie ou leur sécurité ne peuvent être rapatriés de force. En outre, tout rapatrié doit pouvoir bénéficier de garanties quant à sa sécurité. Aucune de ces deux conditions n’a été remplie pour les réfugiés du camp de Huai Nam Khao.

« Nous souhaitions aussi qu’une organisation tiers internationale puisse évaluer les zones de retour et l’assistance offerte au Laos. Là aussi, force est de constater que ces rapatriements se font sans aucune surveillance. On ne peut donc vérifier le caractère volontaire de ces retours ni la sécurité des rapatriés à plus long terme », constate le Docteur Marie-Pierre Allié, présidente de Médecins Sans Frontières.

Malgré les demandes répétées, y compris de MSF et de l’UNHCR, le gouvernement thaïlandais a toujours refusé qu’un processus d’examen des cas individuels soit engagé sous l’égide d’un organisme indépendant avant tout rapatriement.

Quant au gouvernement laotien, il a toujours interdit l’accès aux organisations non gouvernementales et internationales dans les zones du Laos où sont rapatriés les Hmongs.

Après quatre années de présence dans le camp, Médecins Sans Frontières avait mis un terme à ses activités en mai 2009, en raison de pressions exercées par l’armée thaïlandaise sur les Hmongs mais aussi d’entraves croissantes aux activités menées par MSF (accès aux soins, accès à la nourriture) ayant pour conséquences d’accentuer les pressions exercées sur les réfugiés pour les pousser au retour.

MSF a apporté une assistance médicale et sanitaire aux réfugiés hmongs du camp de Petchabun entre juillet 2005 et mai 2009. Durant toute cette période, MSF était la seule organisation internationale présente et pouvait potentiellement témoigner de la situation dans le camp.

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