Producteurs de lait : la colère pourrait déborder

26/05/2009 17:46

 

Producteurs de lait : la colère pourrait déborder

Les éleveurs ont attendu avec détermination que leur délégation sorte de la préfecture.
Les éleveurs ont attendu avec détermination que leur délégation sorte de la préfecture.

Lundi soir, 200 à 300 producteurs de lait ont manifesté devant la préfecture avant de s'en prendre au Leclerc de Gourvily à Quimper.

 

Ils sont arrivés comme d'habitude, par petits groupes silencieux. 250 à 300 producteurs de lait de la région cornouaillaise sont venus se masser devant les grilles de la préfecture de Quimper, peu avant 23 h lundi. Ils sortaient d'une rencontre avec les représentants des laiteries. Avant de rencontrer le préfet Pascal Mailhos ; François Plougastel, président de la section lait de la FDSEA, Ronan Le Meur (FDSEA) et Yoann Le Grand (Jeunes agriculteurs) ont précisé à leurs troupes ce qu'ils avaient l'intention de signifier au représentant de l'État. « La nécessité d'un plan d'urgence pour la filière lait, des ouvertures de crédits pour les producteurs endettés, qui perdent en moyenne 20 000 euros par exploitation. Alors que les grandes surfaces continuent de faire des marges hallucinantes, nous ne réclamons qu'un peu d'équité ».

 

En l'absence de forces de l'ordre, pour une fois extrêmement discrètes (casques et lance-grenades sont restés au-delà du pont Max-Jacob, sur la rive droite de l'Odet, à quelques centaines de mètres), quelques agriculteurs, venus en tracteur, ont déversé des tombereaux de terre, de palettes, de pneus et de paille mêlés, le long des quais, aux deux extrémités de la préfecture, allumant un grand feu au carrefour de la place de la Résistance. Un instant, on a pensé que les choses pouvaient dégénérer, après l'arrachage de deux feux tricolores et une attaque en « bélier » à la carhaisienne des grilles du bâtiment. Mais il n'en a rien été. Vers 0 h 20, la délégation ressortait, rapidement entourée par le gros des troupes. « Nous avons demandé la nomitation immédiate d'un médiateur, résumait Ronan Le Meur, réclamé l'ouverture de crédits, l'étalement de nos impôts, l'ouverture de négociations avec les laiteries et les grandes surfaces, afin de fixer un prix du lait décent. Cela implique une réorientation de la loi dite de modernisation agricole voulue par M. Sarkozy ».

En l'absence de réponse rapide de l'État, les producteurs de lait, soutenus lundi par quelques éleveurs de porcs, envisagent une « mobilisation allant crescendo, peut-être commune avec celle de la filière porcine, et qui, vu la détresse de beaucoup d'agriculteurs, pourrait prendre une très mauvaise tournure ».

Et, de fait, après une dislocation dans un calme relatif, certains producteurs ont fait une halte sur le parking du centre Leclerc de Gourvily, où un barnum a été incendié.

 

 
Ouest-France
mercredi 20 mai 2009

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