La repression ne nous arrêtera pas !

09/06/2009 19:05

 

LA REPRESSION NE NOUS ARRETERA PAS !

 

De jour en jour, la répression devient de plus en plus envahissante et féroce. Il ne se passe pas une semaine sans qu'on apprenne qu'ici ou ailleurs une personne a été victime de violences policières, pouvant conduire à l'hôpital, devant un tribunal, voire au cimetière. On ne peut parler de « bavures », dans la mesure où la hiérarchie de la police et la justice entérinent quasiment toujours la version des flics, auteurs des violences.

Cela montre que nous sommes face à un choix politique de l'Etat afin de pouvoir gérer la crise et ses conséquences sociales. Le but est de faire taire, d'étouffer, d'annihiler toutes formes de construction remettant en cause le capitalisme. La légitimité de ces violences et la répression d'Etat repose sur la « défense de la démocratie » !

Comment définir la violence ? Se limite-t-elle à des échanges de coups entre des personnes ? Si oui, comment qualifier l’agression que subissent des millions d’êtres humains lorsqu’ils sont mis au chômage, chassés de leurs logements, enfermés dans des camps de rétention pour être expulsés ? Ces violences légalisées de l’Etat et des patrons, seraient-elles plus légitimes que celles exprimées par les mouvements sociaux ?

La démocratie représentative montre quotidiennement qu'elle n'a que faire de nos volontés à construire une société fondée sur l'entraide, la solidarité, l'égalité sociale. Ce système de gouvernement n'a pour unique fonction que de maintenir l'ordre établi où les réels détenteurs du pouvoir sont les capitalistes imposant, sans grands efforts, aux élus leurs diktats.

Elle connait une crise de légitimité de plus en plus grande. N'ayant pas d'autres alternatives, si ce n'est en cas de crise majeure le recours au totalitarisme ou en tout cas à des régimes de plus en plus autoritaires (par exemple, le régime de Vichy a pu se mettre en place immédiatement en s'appuyant sur les administrations lui préexistant ; de même la Quatrième république a été instaurée dès l'après guerre sans qu'il y ait eu de rupture significative au sein des administrations étatiques passées sous la houlette de Pétain pendant 4 ans), l'Etat se prépare concrètement à des confrontations de plus en plus intenses. Il a toujours les moyens pour expulser des sans papiers, des locataires de leur logements, des travailleurs occupant des locaux publics ou leur entreprise, séquestrant leurs patrons. Il n'en a jamais ou rarement (après l’instauration d’un rapport de force) pour que chacun et chacune aient un toit, que les revendications soient satisfaites, pour accueillir dignement toute personne d'origine étrangère. Ainsi le sécuritaire prend le pas sur toute politique mise en œuvre. Cette stratégie mise en place pour « défendre la démocratie » conduit justement vers ce dont les gouvernants « voudraient nous protéger » : l'insécurité et le chaos.

La réalité montre qu'il en va tout autrement. La crise économique génère ses ravages sociaux ; l'insécurité sociale, la misère, avec son lot de pauvres jetés à la rue, sont grandissantes. L'histoire montre que le capitalisme est le système le plus meurtrier et cause des plus grandes misères que la planète ait connues : le XXe siècle en est une démonstration éloquente ! Il devient vitale de sortir des sentiers battus du productivisme pour construire une société où l'être humain retrouve la place centrale dans les rapports sociaux.

Dans ce contexte, la police et la justice sont des instruments de plus en plus importants pour l'Etat. Il convient pour celui-ci de couvrir la plupart de leurs exactions. Ainsi seuls l'Etat et ses fonctionnaires armés ont la légitimité de la violence. Exceptionnellement, dans quelques affaires médiatisées, des flics sont condamnés judiciairement et/ou administrativement. Mais, d'une part, cela ne remet pas en cause les pratiques policières et judiciaires ; d'autre part, ces condamnations ont pour unique fonction d'entretenir le leurre de la démocratie en permettant au pouvoir de dire « qu'il y a quelques brebis galeuses », mais qu'il veille au bon fonctionnement de ces institutions en les éliminant.

Jamais, le fonctionnement et les buts qui sont assignés à la police et à la justice ne sont remis en cause puisqu'elles sont là pour « défendre la démocratie et les libertés individuelles », selon ces mêmes tenants du pouvoir. Pourtant la démocratie ne cesse d'allonger la portée de ses armes, notamment l’enfermement des personnes indésirables et les mesures anti-terroristes, devenant des modes de gestion banalisée de la population. Par ailleurs, l’Etat utilise ses cohortes pour protéger aussi bien les patrons que les politiciens.

Dans les quartiers paupérisés, lors des manifestations contestant radicalement l'ordre établi nous subissons les violences policières et la répression. Les policiers ont tous les droits et quoi qu'ils fassent seront toujours absouts. Lorsqu'une personne est agressée par les flics elle est, dans la plupart des cas, condamnée pour outrage, rébellion et/ou violences à l'encontre d'un agent dépositaire de la force publique ! Les grands médias sont les relais volontaires des versions policières, participant à l’instigation de peurs et de démoralisassions, particulièrement auprès des populations non directement touchées par les évènements.

On commence à vivre dans les centres ville ce que subissent depuis plusieurs années les habitants des « banlieues ». Dans celles-ci, on déplore déjà plusieurs morts et les assassins assermentés ne sont que très rarement condamnés (Mantes la Jolie, Clichy sous Bois, Villiers le Bel...).

Cette politique d’harcèlement sécuritaire a au moins trois objectifs :

-           nous enfermer dans la lutte contre la répression au détriment de celles contre le capitalisme en général (luttes contre la précarité, la misère, les politiques à l'encontre des immigrés, surtout par rapport aux réfugiés et aux sans papiers, ou pour la mise en place d'autres rapports sociaux en vue de construire des alternatives concrètes à la société capitaliste...) ;

-           générer la peur en espérant ainsi limiter quantitativement l'importance des groupes, collectifs... « antisystèmes ». La campagne sur les fameux « anarcho-autonomes, black block » et autres appellations en est la démonstration ;

-           tenter de renforcer la marginalisation des regroupements des militants voulant construire des ruptures avec le capitalisme. En les agressant physiquement dans les manifestations, rassemblement ou tout simplement dans la rue, l'Etat veut montrer ces collectifs comme violents, nihilistes dont il faut se prémunir pour... « défendre la démocratie » et donc les marginaliser.

Dans ce contexte, la législation antiterroriste prend toute son ampleur. Elle permet d'arrêter n'importe qui et pour quelques raisons que ce soient. L'affaire Tarnac en est une des plus grande illustration. Elle n'est que la suite de multiples procédures subies par des milliers de personnes qui sont sous contrôles judiciaires ou incarcérées.

 

Nous refusons de tomber dans ce piège que nous tend l'Etat. C'est pourquoi nous souhaitons débattre de ces constats, réfléchir sur les manières et les formes d'actions pour y répondre. Quelle solidarité pouvons nous construire avec les personnes poursuivies, incarcérées ou non ? Comment déjouer la répression ? Comment rester offensif et briser le ghetto politique dans lequel l’Etat veut nous enfermer ? Comment s'organiser pour tenter de sortir du localisme et renforcer les liens hexagonaux, voire internationaux ?

 

NOUS APPELONS A UNE RENCONTRE LE SAMEDI 13 JUIN A 10 H

A TOURS AU PIED DE BICHE 44 RUE LAMARTINE

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